
Hip to Be Squares
Hip to Be Squares est une exposition personnelle ponctuelle d’œuvres produites à partir de trois matériaux de base : du papier de couleur unie de seconde main, deux feuilles de Pantone adhésif (jaune et noir), le catalogue de semences de Vesey’s, des catalogues de photos d’agence et des cartons d’invitation d’exposition du MBAM. Ces matériaux ont été trouvés (catalogues de photos d’agence), donnés (papier de couleur unie), achetés (Pantone) ou envoyés par courrier (invitations et catalogue). Ce qui est important pour moi dans cette liste, c’est que ces éléments représentent l’économie de cette œuvre, soit, son mode de production et son marché. Ayant longtemps travaillé dans le secteur de l’art financé par des fonds publics, j’ai pu me faire une idée précise de ses valeurs systèmiques. J’ai pu voir comment, de tous les bénéficiaires du financement, les artistes étaient généralement les derniers à être payés ou les moins bien payés. J’ai pu voir comment des artistes qui travaillent selon d’autres valeurs, c’est-à-dire qui s’intéressent plus à la notoriété qu’à l’argent, qui vivent avec peu, qui dépensent souvent plus en services et en biens qu’en revenus, qui suscitent parfois même des soupçons auprès de l’ARC qui poursuit les artistes dans l’espoir de dénicher un tricheur car personne ne peut imaginer vivre avec si peu, qui donnent souvent leur travail pour des reçus fiscaux dont ils n’ont pas besoin, qui gagnent déjà si peu, qui ne prennent pas leur retraite, etc. Pour ces raisons, et aussi parce que je n’ai jamais beaucoup gagné moi-même en travaillant dans le milieu artistique, j’ai toujours créé des œuvres principalement à partir de matériaux recyclés collectés dans ma vie quotidienne. Cette stratégie garantissait plusieurs choses : 1) dépenser peu d’argent en matériaux, 2) dépenser peu d’énergie pour acquérir des matériaux, 3) reycler pour réduire ou du moins, reporter l’évacuation dans les déchets. Cette démarche est ce que j’appelle mon économie de l’art, et elle correspond en partie aux notions décrites dans la théorie de la postproduction de Bourriaud. Chaque œuvre que j’ai réalisée au fil des ans a suivi cette approche ; chaque œuvre s’est inspirée d’un contexte unique, reconfigurant les connexions entre chaque élément en de nouvelles histoires, de nouvelles significations. Plus qu’une transformation, c’est une création, ou la production de nouvelles formes singulières.
L’installation était présentée un soir seulement
Le vendredi 31 janvier 2025, dans ma demeure, à Montréal
Hip to Be Squares
I’ve always made work mostly from recycled materials collected in my everyday. Hip to Be Squares is a one-off home exhibition of work produced from 5 distinct sources of material: hand-me-down solid colour paper, 2 sheets of adhesive pantone (yellow and black), Vesey’s seed catalog, cast off stock photo catalogues, exhibition invitation cards from the MBAM, and Staples adhesive envelope protective slips. This material was either found (stock photo catalogues), handed down (solid colour paper), purchased (pantone and envelope protective slips) or mailed to me (invites and catalogue). What is important to me in this list is what these items represent in terms of acquiring materials, or simply, the economy of this work, aside from its esthetic and social aspects. Having long worked in the publicly funded art sector, I got a close up at the system and its entrenched values. I could see how of all the benefactors of the funding, artists were usually the last to get paid. I could see how artists who work by different values, i.e. are more interested in notoriety than money, beyond subsistence, often spending more on services and goods than earning, sometimes raising suspicion at CRA who go after artists, hoping to draw blood from stone, who often donate their work for tax receipts they don’t need, already earning so little, who don’t retire, etc.
For those reasons, and also for the reason that I’ve never earned much myself working in the art milieu, I’ve always made work mostly from recycled materials collected in my everyday. This strategy ensured a few things: 1) spending little money on materials, 2) expending little energy in acquiring materials, 3) reducing or at least, postponing waste. This idiosyncratic economy is how I define my demarche. This approach also finds some resonance in Nicolas Bourriaud’s post-production theory, or what I retained from it.
Each body of work I have made over the years has followed this approach; each body of work has drawn from a unique context, reconfiguring the connections between each element into new stories, new meaning. More than transformation, it is how I produce new singular forms from the ordinary.
The exhibition was presented in my home for one night only January 31, 2025.




